Andrew Duke
(Bip-Hop / La Baleine)
date de parution : 2002
écouter/voir : -1- -2- -3- -4-

     une chronique de Poss publiée le 29 septembre 2007     

// les vieux machins qu’il faut réécouter //


Le titre : Sprung
en allemand c’est le saut, en anglais c’est jaillir (en français c’est sprung…).

- Chapitre 1 : Hell yeah ! -
Bienvenue dans un nouveau monde sonore. On croirait presqu’entendre l’intro du nouveau système Thx de l’ami Georges. Mais quelques secondes plus tard, au lieu d’un R2D2 décati c’est plutôt un revival des 80’s qui apparaît, moins la lourdeur. Moins les thèmes récurrents et dégoulinants de Yamaha DX7…

- Chapitre 2 : Pharmakoi / Chromosome 20 -
L’entrée dans un laboratoire expérimental se précise. Glougloutement des alambics, frémissement des tubes à essai, montées vaporeuses dans les cornues. Dans Chromosome 20, on sent que l’expérience atteint une certaine apogée. A la limite de la perte de contrôle.

- Chapitre 3 : Felt NH / Crablike -
Il est temps d’intervenir, de reprendre la main sur un phénomène qui commence à dépasser le laborantin. Vite prendre une combinaison anti-microbienne et détruire les cultures avant que ce ne soit l’inverse… Trop tard ! Crablike est là qui se jette sur tout humain tentant d’esquisser un geste vers la sortie. Une nouvelle forme de vie est née. Sera-t-il encore temps pour sauter ?…

- Chapitre 4 : Inbox / RSVP / Knot Rocket -
Les premières générations ont déjà muté. La fin de l’humanité est proche, une nouvelle ère s’ouvre à cette nouvelle forme de vie plus adaptée, surgit de l’électronique et du synthétique.

- Chapitre 5 : Slamese -
C’est la vie de tous les jours à Sprung Land. Les microbes prolifèrent, les polypodes se polymèrent, les anaérobies retiennent leur respiration, les crabes aériens prennent leur envol printanier et reproductif. Le monde grouille de tout ce petit peuple.

- Epilogue : ut ut -
Des millions d’années ont passé. Qui se souvient encore du Labo Originel ? Qui aura la force de lutter contre la décadence microbienne ? Le monde est vieux, il faut changer. Du plus profond de la planète monte une rumeur, un souffle, une mélodie. Une nouvelle ère est prête à commencer.

L’ensemble de cette oeuvre transporte l’auditeur vers des territoires rarement correctement explorés en matière de musique électronique minimale. Beats tranchés au scalpel, longues nappes profondes, intenses, déconstructions mélodiques ciselées.

Un peu d’air frais violent, mais salvateur, pour les étés torrides.

Yoshinori Sunahara
(Bungalow Records / Sony Music)
date de parution : novembre 1998
écouter/voir : -1- -2- -3- -4- -5-

     une chronique de Poss publiée le 29 septembre 2007     

// Les vieux machins qu’il faut ré-écouter //

Troisième opus dédié à l’aéronautique après Tokyo Underground Airport et Take Off and Landing sortis chez Bungalow Records, Yoshinori nous transporte directement dans un easy-listening magistralement orchestré.

Sucre et glucose de rigueur. Tout en douceur et tranquillité.

Bossa nova pour les cocktails mondains sur une terrasse d’Aquapulco.
Funk léger et flutesque pour les moîtes soirées parisiennes en mal de chaleur et de contact charnel.
Electro souple et sautillante pour les pieds.

Tequila sunrise en prime…

Various Artists
(Bip-Hop / La Baleine / Chica Chic)
date de parution : 2000-2007
écouter/voir : -1- -2- -3- -4- -5-

     une chronique de Poss publiée le 15 septembre 2007     

        C’est dans le courant de l’année 2000 que Philippe Petit, déjà largement connu (et reconnu) par les superbes et granuleuses productions de chez Pandemonium Records (Hint, Double Nelson, Unsane, Spaceheads…), mit la première main à une alchimie complexe – et cette fois électronique – sous le nom de Bip-Hop.
La première génération des compilations du même nom nacquit spontanément.

Par un savant dosage d’electronica, d’ambient, de minimalisme et surtout de recherches sonores et musicales, ces compilations sont au nombre de 8 à ce jour (pour les musico-archéologues du fin fond du XXIV° siècle, ces lignes sont rédigées à la fin du magnifique été 2007).
Éclectisme de rigueur dans les artistes présentés : français, allemands, autrichiens, américains, canadiens, belges, italiens, suédois, hollandais, russes… tous ont la parole et la prennent avec élégance, grande classe et talents à l’appui !

On est loin des compilations électroniques traçant les grands courants commerciaux mais l’on n’est pas non plus au fin fond de certains objets abscons rencontrés parfois et qui malgré leurs qualités intrinsèques sont loin d’amener le public à se tourner vers eux.

Bip-Hop bien au contraire réussit un mariage explosif entre hermétisme et découverte pour (presque) tout public.

Enfin, il est indispensable de souligner que tous ces artistes qui habitent souvent bien loin de nos contrées sont régulièrement conviés à des soirées sur notre territoire métropolitain, notamment si vous habitez en région marseillaise.

Alors quoi, vous êtes encore là ?
Mais ruez-vous chez votre disquaire et réservez votre prochaine soirée, sans blague !!

Note : les 5 extraits présentés plus haut sont tous extraits du Volume 8 sorti en juin 2006.
Dans l’ordre : Minamo (japon), TU M’ (Italie), Strings of Consciousness (France), Murcof (Mexique), Tennis (Royaume-Uni)

Ulrich Schnauss
(City Centre Office / Morr Music)
date de parution : 2001
écouter/voir : -1- -2- -3- -4- -5-

     une chronique de Poss publiée le 14 septembre 2007     

// Les vieux machins qu’il faut réécouter //

       Si le terme de musique post-electro-pop existe alors il doit sans aucun doute d’appliquer à cet album. Car même sans un chant, ces six titres sont sans aucun doute un hymne parfait à la fusion de genres, à l’équilibre harmonieux des mélodies fines avec les rythmes implacables de l’électronique.

Pourtant les premières instants d’écoute ne déclencheront pas un coup de foudre. Plutôt une petite pensée disant en arrière-fond "Tiens ça à l’air plutôt sympa ça". Et en arrière-plan les trains passent et vous invitent à monter calmement, presque bouddhiquement, sans violence aucune mais avec certitude. Il sera difficile d’y résister. Et d’ailleurs à quoi bon résister. Il est tellement meilleur de se laisser entraîner dans ce magma de légèreté et de finesse intense.

Au coeur de l’ambient, de la pop et de l’électro haut perchée, le voyage se fera et se refera encore de façon infinie. Car chez cet Ulrich on y revient sans cesse pour essayer de percer le mystère qui nous rend accro. On en ressort plein d’assurance, convaincu d’avoir trouvé ce qui fait fonctionner au quart de tour cet album. Puis le doute refait surface, ainsi que l’envie d’en savoir un peu plus.

Et on y retourne une dernière fois… juste une dernière fois…

Boards of Canada
(Skam Records)
date de parution : 1996
écouter/voir : -1- -2- -3- -4- -5-

     une chronique de Poss publiée le 14 septembre 2007     

// Les vieux machins qu’il faut réécouter //

       L’entrée dans cette musique est un peu comme un rêve lent, chaud, infini. L’organique y cotoie le mécanique avec la facilité déconcertante de l’absurde des songes. On se laisse aspirer par tant de plénitude et de mélancolie mélangées.

On est loin des performances techniques et abrasives de la classe électronique de l’époque qui tentait vainement de repousser les limites des machines en occultant totalement d’y apporter la sensibilité nécessaire à l’étincelle alchimique susceptible d’embraser notre émoi d’auditeur. Chez eux tout se fait en douceur sans pour autant tomber dans la facilité. L’empilage sonore est méticuleusement agencé, orchestré pour nous faire découvrir des univers limpides et au-delà du raisonnable.

Je le redis : tout y est onirique, comme filmé en super 8 visionné au travers d’un hublot embué.

6 titres de chaleur en mi-teintes dont l’écoute en boucle est quasiment inhérente…