une chronique de Poss publiée le 29 septembre 2007
Le titre : Sprung en allemand c’est le saut, en anglais c’est jaillir (en français c’est sprung…).
- Chapitre 1 : Hell yeah ! -
Bienvenue dans un nouveau monde sonore. On croirait presqu’entendre l’intro du nouveau système Thx de l’ami Georges. Mais quelques secondes plus tard, au lieu d’un R2D2 décati c’est plutôt un revival des 80’s qui apparaît, moins la lourdeur. Moins les thèmes récurrents et dégoulinants de Yamaha DX7…
- Chapitre 2 : Pharmakoi / Chromosome 20 -
L’entrée dans un laboratoire expérimental se précise. Glougloutement des alambics, frémissement des tubes à essai, montées vaporeuses dans les cornues. Dans Chromosome 20, on sent que l’expérience atteint une certaine apogée. A la limite de la perte de contrôle.
- Chapitre 3 : Felt NH / Crablike -
Il est temps d’intervenir, de reprendre la main sur un phénomène qui commence à dépasser le laborantin. Vite prendre une combinaison anti-microbienne et détruire les cultures avant que ce ne soit l’inverse… Trop tard ! Crablike est là qui se jette sur tout humain tentant d’esquisser un geste vers la sortie. Une nouvelle forme de vie est née. Sera-t-il encore temps pour sauter ?…
- Chapitre 4 : Inbox / RSVP / Knot Rocket -
Les premières générations ont déjà muté. La fin de l’humanité est proche, une nouvelle ère s’ouvre à cette nouvelle forme de vie plus adaptée, surgit de l’électronique et du synthétique.
- Chapitre 5 : Slamese -
C’est la vie de tous les jours à Sprung Land. Les microbes prolifèrent, les polypodes se polymèrent, les anaérobies retiennent leur respiration, les crabes aériens prennent leur envol printanier et reproductif. Le monde grouille de tout ce petit peuple.
- Epilogue : ut ut -
Des millions d’années ont passé. Qui se souvient encore du Labo Originel ? Qui aura la force de lutter contre la décadence microbienne ? Le monde est vieux, il faut changer. Du plus profond de la planète monte une rumeur, un souffle, une mélodie. Une nouvelle ère est prête à commencer.
L’ensemble de cette oeuvre transporte l’auditeur vers des territoires rarement correctement explorés en matière de musique électronique minimale. Beats tranchés au scalpel, longues nappes profondes, intenses, déconstructions mélodiques ciselées.
Un peu d’air frais violent, mais salvateur, pour les étés torrides.
Troisième opus dédié à l’aéronautique après Tokyo Underground Airport et Take Off and Landing sortis chez
C’est dans le courant de l’année 2000 que Philippe Petit, déjà largement connu (et reconnu) par les superbes et granuleuses productions de chez
Si le terme de musique post-electro-pop existe alors il doit sans aucun doute d’appliquer à cet album. Car même sans un chant, ces six titres sont sans aucun doute un hymne parfait à la fusion de genres, à l’équilibre harmonieux des mélodies fines avec les rythmes implacables de l’électronique.
L’entrée dans cette musique est un peu comme un rêve lent, chaud, infini. L’organique y cotoie le mécanique avec la facilité déconcertante de l’absurde des songes. On se laisse aspirer par tant de plénitude et de mélancolie mélangées.