une chronique de fleur publiée le 3 mai 2009
Article d’Eva Joly du 15/01/09, paru sur le site d’Europe Écologie : pour ceux que la question du système judiciaire français intéresse…à noter que je vous transmets cet article sans chercher à faire de prosélytisme pour Europe écologie (je ne connaissais même pas ce parti avant de m’intéresser à Eva Joly). C’est juste que je trouve le contexte social français légèrement effrayant ces derniers temps.
A bon entendeur…
// Retrouvez le texte en intégralité, ainsi que les autres billets d’Eva Joly sur le site d’Europe Écologie //
Monsieur le Président,
Supprimer le juge d’instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice à l’égard du pouvoir politique. Votre discours ne mentionne aucune garantie d’indépendance pour les enquêtes. Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoie, porte la marque du stratagème politique.
Mais le verbe haut et toute la rhétorique du monde ne suffiront pas pour convaincre les Français qu’un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu’un juge indépendant. Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de « rivalité » entre le politique et le judiciaire. La rivalité n’est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques.
Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c’est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s’empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs. John Locke l’a observé justement : « C’est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. » Il ne fait pas bon en France incarner une de ces limites. Plus d’un magistrat en France peut en témoigner.
Qui peut encore croire que le juge d’instruction est « l’homme le plus puissant de France » ? Certainement pas vous, Monsieur le président. L’homme le plus puissant de France, c’est vous. Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d’euros à un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective.
LE SPECTACLE DE L’IMPUNITÉ
A de rares exceptions, en matière financière, il n’y a plus que des enquêtes préliminaires, et des dossiers bouclés dorment dans les tiroirs. La liste des enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à l’encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans les montages corrupteurs au Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa.
La justice aurait dû enquêter pour crever l’abcès. Elle ne l’a pas fait, laissant se répandre le poison du soupçon et le spectacle de l’impunité. Une justice dépendante, c’est une justice qui n’ouvre pas d’enquête lorsque les faits déplaisent au pouvoir. Rappelez-vous du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Il n’y eut jamais aucune enquête ! Aucune condamnation ! Parce que le parquet ne le jugea pas opportun.
Est-ce cette face-là de la justice qu’il faut faire ressortir au XXIe siècle ? Le juge d’instruction est le fruit de notre histoire. Il n’existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières. Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d’arbitraire. Peu importe qui mène les enquêtes pourvu que les magistrats soient préservés des pressions ; pourvu que les investigations puissent être conduites, ne soient pas étouffées dans l’oeuf.
Vous voulez confier les enquêtes au parquet ? Cela se peut, mais il faut alors rendre le parquet indépendant de votre pouvoir, ce qui, vous en conviendrez, n’a guère été votre choix. Les contempteurs des juges d’instruction affirment qu’il est impossible d’instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. A moins que vous n’ayez l’intention d’accorder aux avocats un pouvoir d’enquête… Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l’image de la justice américaine.
En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l’arbitraire et l’inégalité. Face à un projet qui foule aux pieds l’idéal de 1789 d’égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j’appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet.
J
French Tabloïds



On réfléchit toujours avant de s’offir un livre "qualité"; c’est-à-dire pas un livre de poche. C’est donc après avoir lu deux critiques dityrambiques sur "La physique des catastrophes", de Marisha Pessl (Gallimard), que j’ai décidé d’investir une vingtaine d’euros dans cet ouvrage. Je pensais, critiques à l’appui, que ce livre me distrairait avec l’élégance qui habituellement manque aux polars (dont je suis fan). J’écris donc cette critique pour vous prévenir, amis marmuziens…contre les critiques littéraires! en effet, alors que l’auteure était décrite comme la "nouvelle star US de la littérature" (sic), j’ai découvert une écriture certes agréable mais immature et surtout, surtout, une très pénible habitude de "name dropping". En substance Marisha Pessl a la coquetterie de faire des citations toutes les deux phrases, ce qui rend son ouvrage affecté pour ne pas dire snob, et carrément insupportable à lire (imaginez une intrigue dont le cours est sans cesse interrompu par des disgressions culturelles qui ne lui apportent pas grand-chose). Je m’interroge à ce sujet: est-ce pour faire djeuns? Est-ce pour montrer toutes l’étendue de sa culture Côte Est? est-ce supposé être drôle? C’est dommage car l’histoire n’est pas mal, le style non plus, et les personnages originaux et colorés (quoique l’héroïne, pour être rigolote, est peu crédible).


Il est à ma connaissance plutôt rare que le monde de la gastronomie et de la BD se croisent et s’interpénètrent au point de donner naissance à une oeuvre totale.
A quoi ressemblera notre monde dans 50 ans si on continue comme ça….. Vous voulez vraiment avoir un aperçu??? 

Raymond Queneau (écrivain français 1903-1976) aurait dû vivre à notre époque, à celle des textos qui raccourcissent et simplifient l’écriture. Car dès 1937, le Raymond décrivait l’existence du néo-français, cette langue parlée qui est si différente de notre langue écrite. Exemple tout simple : les liaisons entre un mot pluriel qui se termine par une sifflante et les mots qui commencent par une voyelle : arbre, z-arbres, homme, z-hommes etc. Et plus poussé encore dans le langage populaire, des néologismes comme le verbe «zyeuter» qui provient du pluriel d’œil. Du point du vue syntaxique ensuite, le langage parlé structure la phrase de façon étonnante ; généralement on expose les objets donnant le contexte, puis après les actions : on écrit «l’homme a tué sa femme avec un couteau», on dit davantage «l’homme, sa femme, avec un couteau il l’a tuée». Ou «elle n’y a pas encore voyagé, ta cousine, en Afrique». Donc de conclure pour RQ «L’écart entre la langue écrite et la langue parlée est de plus en plus grand» «Nous écrivons une langue morte». En réalité, RQ avoue clairement (RQ est d’une humilité sans précédent) qu’il n’a fait que développer des idées lues auparavant chez un certain
Découverte au hasard, je ne connais rien de Dominique Goblet, si ce n’est cet album de dessins en bandes, ce graphisme rude et enfantin, ces noir-et-blanc crayonnés ou ces colorisations bistre proches d’une matière terrienne. Un album qui ressemble davantage dans sa forme à un journal joliment relié ou encore à un beau livre de prix d’école des générations précédentes, plutôt qu’à une bédé : de ces formes originales que l’Association sait personnaliser à chaque artiste et œuvre. Cet album est donc un journal, comme une poésie, qui se lit pas bribes, sur lequel on peut revenir s’imprégner d’impressions mélancoliques, voire nostalgiques.
Savez-vous, pauvres mortels, que l’avenir de notre monde n’est pas entre vos mains (pourtant, il semblerait bien, que malgré tout, on arrive bien à pourrir la planète !!!)… Mais entre les mains des Anges et des Dragons… qui s’affrontent depuis la nuit des temps et pour l’éternité… (Amen !)
Les faits. C’est de l’Art brut, c’est-à-dire réalisé par une personne qui ne se réclame d’aucune référence, voire qui n’a jamais appris les techniques d’expression plastique et dont le besoin de créer est indépendant d’un système marchand (tout au moins au début…). Hans Krüsi est de ceux là, un artiste Suisse qui a vécu entre 1920 et 1995 ayant très peu d’éducation (jardinier de formation, ayant quitté l’école vers l’âge de 10 ans). A 50 ans, alors qu’il vendait des fleurs sur les quais d’une gare, il commença à peindre des fleurs sur des petits formats style carte postale. Une dizaine d’années après, il fut pris en main par un galiériste et vécu une reconnaissance de la part du milieu artistique. Ses peintures sont caractérisées par le format (souvent petit), les supports cartonnés, et surtout ses couleurs. C’est une peinture narrative, qui représente des maisons, des chalets, la campagne, des troupeaux de vaches. Dans la lignées des naïfs mais avec de la folie et de l’extravagance, hors de toute école.
L’effet. C’est la naïveté et les couleurs variées et « terrestres » qui me fascinent. Des petites miniatures avec des bonhommes et des animaux, le monde paysan de « dans l’temps », des trognes qui pourraient correspondre aux petits visages qui nous échappent parfois lorsque nous griffonnons lors d’une conversation téléphonique ou lors de réunions où rien d’intéressant se passe. On est dans le domaine de l’accessible, du « non technique », ce qui nous rapproche de ce personnage au visage chaleureux. On pense que l’on pourrait faire comme lui, bien que son univers et sa cosmogonie lui soient propres. Mais c’est une démonstration que l’Art n’est pas affaire d‘éducation, mais simplement affaire d’idée, de volonté et de confiance en soi. La création, quoi.
Rouge Brésil, c’est l’histoire de deux orphelins Juste et Colombe qui sont emmenés en 1555 sur un bâteau, direction le Brésil pour servir de "trûchement" (pour ceux qui comme moi, pauvre inculte, ne savent pas ce que cela veut dire: truchement du picard "truche" = interprète) avec les indiens..jpg)
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Les faits : C’est un petit livre de philosophie, une fois n’est pas coutume. Ecrit par un philosophe dont on peut comprendre le propos, du moins le vocabulaire qui est courant est non ampoulée. C’est déjà pas mal. Et ça cause d’un truc assez important : la honte. Car la honte peut aboutir à des actes violents dont le suicide ou l’homicide contre autrui. Cette étude simple qui permet de faire la part des choses entre « honte », « culpabilité » et autres sentiments négatifs ou positifs.
Les faits. Un petit recueil de quelques pages (non numérotées). Une page, une petite histoire. Et le tout sans parole, donc universel ! Pourtant les personnages ne sont pas muets. Ils pensent (d’où le titre) et s’expriment. Mais les phylactères ne contiennent que des symboles. Et ces symboles sont en gros au nombre de trois (un boc de bière, une cigarette, un cœur), et deux modalités ; barré ou non. Donc on peut distinguer les personnages qui veulent ou non une bière, une cigarette ou qui désire un homme/une femme. Et c’est l’histoire commune de la vie qui défile : un homme veut une bière : il en boit une. Puis il veut une cigarette : il s’en grille une. Puis il voudrait l’amour : c’est plus compliqué… Alors il continue à boire et à fumer sans que rien ne se passe. Et ceci est décliné avec homme, femme, groupe d’amis, etc.
Les faits. Lewis Trondheim, y fait des BD, il est membre de l’Association, éditeur indépendant à succès. Lewis a aussi présidé un des festivals d’Angoulème. Et ce petit recueil est une sorte de journal : une page, une historiette en quelques cases, joliment coloriées. Les personnages ont des têtes d’animaux : cacatoès pour Lewis, jabiru pour sa femme, et autres pioupious pour ses enfants. Car ça se passe dans sa vie, au Lewis. Une sorte de journal en BD, blog unplugged. Pas de numéro de page, comme pour démontrer que la linéarité n’existe pas, que dans le quotidien de nos vies, il n’y a ni « avant » ni « après », mais que des « pendant ».
Une famille anglaise qui fait ses valises et quitte la grisaille londonienne pour la chaleur d’un village italien (on les comprend en même temps!). Quatre enfants nés le même jour se retrouvent dans ce petit village italien. On comprend vite qu’ils sont liés, mais par quoi? A vous de le découvrir en lisant "là où le regard ne porte pas". Le dessin est trés doux, l’histoire prenante et poétique aux doux parfums du Sud.
Le nouveau scénario de Christophe Arleston, le créateur du monde de Troy. Un vaisseau luxueux de croisière intergalactique fait naufrage sur une mystérieuse planète inconnue : Ythaq. Les survivants vont devoir faire face à ce nouveau monde… qui recèle renferme plus de mystères que ce qu’il ne laisse paraître. Les amateurs de Lanfeust, Troll et autres habitants de Troy ne seront pas trop dépaysés. Les univers d’Ythaq et de Troy sont assez proches et on y retrouve le rôle important de la magie. Malgré un léger air de déjà vu… les naufragés d’Ytahq est une bonne série de fantasy. Clochette
Les couleurs de Marcade est le quatrième tome du cycle de Cyann. Comme dans les tomes précédents (T1 et T2 chez Casterman et T3 et T4 chez Vent d’Ouest) on suit les aventures de Cyann princesse de la planète Ohl partie à la découverte de l’univers. Alors ok, le cycle de Cyann ça n’a jamais été une BD trés simple. Ok, les deux premiers tomes (la source et la sonde; et Six saisons sur Ilo) ne sont pas des modèles de simplicité en terme de scénario. Ok plusieurs lectures sont nécessaires (plus un tome bonus d’explications) afin de comprendre toutes les arcannes de cette série. Mais le cycle de Cyann était une série passionante dont la richesse était remarquable. Mais depuis le passage chez vent d’Ouest ce n’est plus vraiment ça.. Ce qui s’annonçait avec le tome 3 "Aïeïa d’Aldaal" se confirme malheureusement avec le tome 4. : pauvreté du scénario noyée dans des complexités bidons (l’utilisation des couleurs par la civilisation de Marcade). Je sais qu’on évite les chroniques négatives sur Marmuz..sauf en cas de gros coup de gueule.. et quand on voit ce que Bourgeon a fait de cette série