une chronique de fleur publiée le 31 dĂ©cembre 2007
Toujours dans le droit fil des critiques préventives, c’est-à-dire des critiques qui vous éviteront de dépenser vos sous et votre temps pour rien, voici mes commentaires sur le film "Je suis une légende", avec Will Smith. Certes, il s’agit d’un film qui détone un peu dans le paysage très culturel de Marmuz, mais bon, parfois même les grands intellectuels éprouvent le besoin de se laver la cervelle. Si c’est votre cas, suivez mon conseil: n’allez pas voir ce film-là.
Il s’agit de l’histoire terrifiante du dernier des humains, qui survit seul avec son chien depuis 5 ans dans un New York vide, et qui est sans cesse menacé d’être dévoré par les quelques zombies rescapés de l’épidémie virale qui a décimé l’humanité. Ces zombies sont en fait des humains infectés par le virus, mais qui ont survécu au prix d’une transformation en monstres albinos, extrêmement agressifs et très voraces, qui sortent la nuit en quête de nourriture, et ont perdu tout ce qui faisait d’eux des hommes (émotions, langage, socialisation, pensée, conscience de soi, sentiments).
Ce qui était drôle dans "Le retour des morts-vivants", ou dans "Evil dead" devient ici sinistre, dépressogène, et donc effrayant dans le mauvais sens du terme: on ne s’amuse pas à se faire peur dans "Je suis une légende". Il ne s’agit pas non plus d’une histoire de vampires classieux avec qui l’ont peut entretenir de simili relations avant de se faire trucider (voir "Le Bal des Vampires", "Entretien avec un vampire", "Nosferatu", ou même "Buffy contre les vampires"!). Non, on atteint carrément et en toute simplicité le fond du désespoir: solitude à mourir et peurs archaïques. En compagnie de Will Smith, ex-Prince de Bel-Air, c’est un comble!
Ajoutons à cela un rythme catastrophique: des longueurs, des longueurs… de la description sans introspection (ce qui aurait pu sauver le film, ç’aurait été de questionner les aspects psychologiques de la situation tragique du héros… mais non). Et puis, brutalement, de l’action, mal filmée, mal rythmée, trop rapide, avec une mauvaise gestion du suspense (ce qui aurait pu sauver le film, ç’aurait été une action continue genre "Terminator"… mais non). Le film se termine, après avoir interminablement traîné, en queue de poisson, c’est-à-dire très brutalement, sans aucune inventivité narrative et aucun sens de la chute.
N’oublions pas le côté vaguement prosélytique niais du film (prières avant de se séparer des siens, intuitions mystiques, voix du seigneur qui vous parle, chapelle abritant des rescapés), et nous avons ce que nous redoutions: UN BEAU NAVET AMERICAIN!
On réfléchit toujours avant de s’offir un livre "qualité"; c’est-à-dire pas un livre de poche. C’est donc après avoir lu deux critiques dityrambiques sur "La physique des catastrophes", de Marisha Pessl (Gallimard), que j’ai décidé d’investir une vingtaine d’euros dans cet ouvrage. Je pensais, critiques à l’appui, que ce livre me distrairait avec l’élégance qui habituellement manque aux polars (dont je suis fan). J’écris donc cette critique pour vous prévenir, amis marmuziens…contre les critiques littéraires! en effet, alors que l’auteure était décrite comme la "nouvelle star US de la littérature" (sic), j’ai découvert une écriture certes agréable mais immature et surtout, surtout, une très pénible habitude de "name dropping". En substance Marisha Pessl a la coquetterie de faire des citations toutes les deux phrases, ce qui rend son ouvrage affecté pour ne pas dire snob, et carrément insupportable à lire (imaginez une intrigue dont le cours est sans cesse interrompu par des disgressions culturelles qui ne lui apportent pas grand-chose). Je m’interroge à ce sujet: est-ce pour faire djeuns? Est-ce pour montrer toutes l’étendue de sa culture Côte Est? est-ce supposé être drôle? C’est dommage car l’histoire n’est pas mal, le style non plus, et les personnages originaux et colorés (quoique l’héroïne, pour être rigolote, est peu crédible).
Il est des moments où le minimal est de mise, où il est indispensable, où il se doit de refléter l’intensité de la vie de la société.

