Sigur RĂłs
(EMI Records)
date de parution : 23 juin 2008

     une chronique de Poss publiée le 30 mai 2008     

// info de dernière minute : l’intégralité de l’album est écoutable gratuitement et en streaming sur le site du groupe //

     Les sympathiques amis islandais de Sigur Rós sont en pleine préparation de la sortie de leur futur album Með suð í eyrum við spilum endalaust. Album qui sortira dès le 23 juin prochain.

    Au passage, quelques lignes sur la traduction et signification de Gobbledigook (ou Gobbledygook). Il s’agit d’un mot que l’on retrouverait 1 fois sur 10 millions dans la langue anglaise (oui c’est peu…) et désignerait, au choix:

  • une balliverne, une billevesée, du charabia
  • un son qui ressemblerait à une langue mais qui n’aurait pas de sens réel
  • un texte crypté et incompréhensible.

Connaissant ce cher Jónsi (de son petit nom), j’opterais pour un savant mélange des 2° et 3° propositions !

Alors que le titre de l’album est lui tout ce qu’il y a de plus compréhensible (je vous le retranscris littéralement depuis leur traduction anglaise) : Avec un bourdonnement dans nos oreilles nous jouons sans fin… Vous voyez le genre…

     Donc, pour l’occasion, et pour ceux qui ne sont pas encore au courant, ils ont réalisé un clip disponible sur leur site, où on les voit tous courir à poil avec leurs amis dans la nature (islandaise je présume) au son d’une batterie tribale et de guitares plus qu’acoustiques. La voix si particulière de Jón Þór Birgisso restant le dénominateur commun.
     Ils nous offrent en plus en exclusivité (et en échange d’une simple adresse e-mail), le titre complet en mp3  et en 320 Kbps. La classe (islandaise) comme d’hab quoi !
    Si tout ça vous donne envie d’aller les voir : ils passent le 15 août à La Route du Rock.

    Comme je sais que certains auront la flemme d’aller télécharger tout ça, un petit extrait photo-musical ci-dessous


Guy Delisle
date de parution : 2000 (Shenzhen), 2003 (Pyongyang), 2007 (Chroniques Birmanes)

     une chronique de Poss publiée le 23 mai 2008     

     C’est il y a 7 ans que je découvrais un peu par hasard le premier tome de ce qui allait devenir pour moi une trilogie majeure dans l’univers de la bande dessinée contemporaine. Je ne connaissais alors absolument pas Guy Delisle, auteur québécois que je qualifierais aujourd’hui comme le plus juste et le plus lucide de sa génération.

     Sa profession, outre celle de dessiner des "petits mickeys", en tant qu’animateur de dessins animés l’a amené à aller travailler dans les pays où le vent de la mondialisation avait déjà commencé à souffler à plein régime : pays d’Asie où la main d’œuvre est bon marché, peu (voire pas) revendicative et disponible à souhait. Sa force a été de nous ouvrir les portes de son quotidien en Chine continentale (Shenzhen), en Corée du Nord (Pyongyang) et en Birmanie (Chroniques Birmanes). Pour ce dernier opus, la méthode reste la même bien que son rôle soit là celui "de mari de", puisque accompagnant sa conjointe travaillant pour M.S.F. dans la région.

     C’est donc un journal de bord en forme de triptyque qui nous est proposé mélangeant son travail avec ses collègues asiatiques, ses rencontres avec les cercles d’expatriés, ses quelques – et maigres – échappées touristiques. On peut y lire des moments uniques et rares, tel son quotidien en Corée du Nord passé dans un hôtel pompeux au décor miteux et aux restaurants sempiternellement déserts. On peut y voir aussi de grands moments de critique et de rébellion (vite rattrapés par le quotidien et le caractère malgré tout peu militant de notre héros) face à des régimes autoritaires, tel le moment où l’ami Guy découvre qu’il habite tout près de la maison d’Aung San Suu Kyi (Prix Nobel de la Paix 1991) assignée à résidence par la junte militaire birmane. Mais surtout on s’y régale de vivre ces pays de l’intérieur. Certes avec la vision d’un occidental expatrié pour de courtes périodes, mais au final c’est bien ce qui fonctionne à merveille car on s’identifie très facilement et rapidement au personnage. On prend plaisir à découvrir mille et un détail de ces pays que l’on ne peut pas appréhender en regardant un documentaire, en lisant des livres politiques ou de société, ou simplement en y allant en touriste (pour la Corée du Nord le défi est de taille remarquez !). Guy nous apporte par son dessin sobre et efficace une dimension nouvelle, fraîche et simple, à l’humour acerbe, au ton critique avec un mélange d’objectivité-subjective plutôt plaisante.

     Sachez toutefois que quand vous en aurez lu un, il vous faudra les autres.
     Pour ma part, j’espère que notre auteur-héros aura à repartir prochainement en Asie ou ailleurs…

 
dEUS
(Dave McCracken)
date de parution : 18/04/2008
site web : http://deus.be

     une chronique de christophe publiée le 23 mai 2008     

Pour faire court : ce nouvel album de dEUS est une tuerie, une de plus dans la discographie d’un groupe rare (un album tous les 4 ans en moyenne) mais précieux.

Le groupe d’Anvers dirigé par le charismatique Tom Barman possède un talent unique, celui de mêler expérimentation et mélodies imparables sans jamais tomber dans la facilité. En cela, ils sont probablement la meilleure réponse à Radiohead venue de ce côté-ci de la Manche, avec un côté urbain et industriel bien spécifique à l’Europe du Nord (Kraftwerk, vous vous souvenez ?).

"Vantage Point" est plus accessible que "Pocket Revolution", qui frappait déjà un grand coup. Même si "Instant Street" (sur "The Ideal Crash", sorti en 1999) reste leur plus gros tube à ce jour, on trouve ici largement de quoi satisfaire notre tête et nos jambes ("The Architect", premier single construit comme un mille-feuilles binaire, en est un exemple probant).

 

     une chronique de christophe publiée le 19 mai 2008     

Allez, en vrac :

- Portishead "Third"
- Barbara Carlotti "L’idéal"
- Alain Bashung "Bleu Pétrole"
- Arman Méliès "Casino"
- Metallica "St. Anger"
- Nada Surf "Lucky"
- Arnaud Cathrine & Florent Marchet "Frère Animal"
- Nicolas Ghetti "Métrosexuel"
- Coldplay "Violet Hill"
- Guided by Voices "Under the Bushes Under the Stars"
- The National "Boxer"
- Kanye West "Graduation"

Promis, la prochaine fois, je le fais sur Deezer

Portishead
(Island)
date de parution : 28 avril 2008

     une chronique de christophe publiée le 15 mai 2008     

C’est à l’automne 1994 que la musique de Portishead a débarqué, sur la pointe des pieds, sans crier gare, avec "Dummy". Geoff Barrow, le génial artisan de ce duo à géométrie variable, qui avait officié comme percolateur humain chez Massive Attack, nous faisait alors découvrir une musique qui ne ressemblait à rien de connu, mais qui sonnait comme étrangement familière : il pouvait s’agir de BO destructurées, mixées dans d’improbables gloubiboulgas soniques, ou de blues primitifs fracassés, comme passés à la tronçonneuse et portés par une voix plaintive mais prodigieusement attachante, celle de Beth Gibbons.

C’est un peu plus tard que l’on apprit que Geoff Barrow poussait le vice jusqu’à graver des vinyles de ses propres samples, afin de créer un son tellurique et entêtant, terriblement humain et distant à la fois.

Lorsque leur second effort "Portishead" parut en 1997, ce fut une bonne nouvelle : non,  Portishead n’était pas un groupe éphémère, dont l’inspiration aurait été épuisée dès le premier album.  La bande de Bristol dévoilait alors une facette plus soul, plus rugueuse, et plus sombre aussi.  Mais ce disque totalement maîtrisé avait un côté un peu antipathique, qui ne donnait pas envie d’y revenir tous les jours.  Et puis, avouons-le, il lui manquait un véritable sommet, un "Sour Times" ou un "Glory Box" qui avaient fait de "Dummy" un classique instantané.

Il a donc fallu attendre 2008 pour voir apparaître un nouvel opus, simplement intitulé "Third".  Référence à Soft Machine ou non,  tout laissait craindre que Portishead, après 11 ans d’inactivité et la fin de la vogue trip-hop, n’aient rien d’intéressant à proposer. Il n’en est rien : ici, c’est bien à une véritable aventure sonore que l’on assiste, pleine de virages bruitistes, d’escalades soniques, de chant au bord de l’abîme. La guitare d’Adrian Utley (entendue notamment sur le "Fantaisie Militaire" de Bashung) est plus inventive que jamais, ne serait-ce que sur le fabuleux morceau d’ouverture "Silence". Nouveauté chez Portishead, un court intermède folk, "Deep Water" se trouve placé en milieu d’album, probablement pour mieux le laisser respirer, surtout avant l’incroyable "Machine Gun", où l’on croit apercevoir l’ombre du génial Scott Walker de "Tilt". Une vraie bande son de troisième millénaire, à la fois désespérée et remplie d’une incroyable énergie, faite pour durer.