Strings Of Consciousness
(The S.O.C. is : Philippe Petit, Hervé Vincenti, Andy Diagram, Stefano Tedesco, Alison Chesley, Perceval Bellone, Hugh Hopper, Pierre Fenichel, Lenka Zupkova, Karim Tobbi, Nicolas Dick, Raphaelle Rinaudo / Producteur : Stilll / Off)
date de parution : Juin 2008

     une chronique de Poss publiée le 22 juin 2008     

     Lors de mon dernier passage à Marseille il y a quelques semaines, Philippe – un des co-fondateurs du groupe et dirigeant du label BiP-HOp – m’a permis d’avoir en main la dernière mouture de leurs productions multi-talents. Pour les nouveaux venus dans leur monde de cordes, guitares, laptops, trompette, vibraphone et autres bols tibétains il faut effectivement savoir que près de 15 personnes interviennent dans ces oeuvres collectives dont l’ampleur de leur géométrie humaine n’a d’égale que l’envergure de leur champ d’action sonore et musical.

     Si le premier instant du premier morceau («Mossgarden») laisse penser que l’on entre dans un moment d’accordage du groupe, la seconde qui suit ne laisse aucun doute quant à la réflexion, la mise en place, l’écriture et en même temps le sens de l’improvisation mutuel qui anime les Strings of Consciousness.

     Les trois autres morceaux de l’album sont de cet envergure là. Oscillant entre musique de film, moment d’ambiances émotionnelles et expérimentation sonores. On laisse la fin de «Forest of Spades» comme on aurait abandonné un des plus grands morceaux de Tortoise pour pénétrer dans l’intimité éthérée de «Fantomatique Alaska» dont le saxophone semble planer au-dessus des steppes glacées porté par une ample nappe d’electronica. Le voyage électro-acoustique s’achevant sur «Crest & Watershed», merveilleusement porté par l’ineffable trompette d’Andy diagram, une contre-basse puissante, la légèreté unique d’une vibraphone cristallinement aérien et une guitare aux accents de films noirs à la limite du lynchien.

     Ensuite, du cinquième au 13° morceau, les S.O.C. on laissé la place aux talents de remixeurs de divers artistes évoluant de façon plus ou moins proche dans la même bulle qu’eux : Rothko, Mira Calix, Kammerflimmer Kollektief, Gamial Trio, Leaffcutter John, Scanner, Marsen Jules, Sutekh, Si-cut.db.
     Un prolongement tout en finesse d’interprétation de leurs oeuvres déjà issus de la recherche et de l’improvisation. La boucle est bouclée.

L’album sera aussi accompagné de deux vidéos. «Asphodel», composition de S.O.C. et Foetus mise en image par Anne Sulikowski et un remix de Scanner «Seville Fade rmx» cinématiquement illustré par Oxygen.

Ci-dessous un petit avant-goût sonore, qui je l’espère vous donnera l’envie d’aller visiter le site du groupe, découvrir toutes leurs oeuvres et les voir en concert si par chance ils passent près de chez vous.

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